A paraître
-A +A

Les troubles du langage intérieur

Le langage intérieur constitue le soubassement non seulement de nos usages langagiers mais probablement de nombreux aspects de notre vie quotidienne. Ne pas disposer des mots pour dire et se dire revient en réalité à se retrancher du monde comme de soi. Si le langage intérieur revêt des fonctions positives, telles que l’auto-régulation, la planification, la résolution de problèmes, il renvoie également à des fonctions négatives comme la rumination. Au-delà de ses fonctions négatives, les troubles du langage intérieur restent très largement une terre inconnue, malgré les quelques explorations entreprises à la fin du xixe siècle. Pour diagnostiquer avec finesse une forme d’aphasie, encore faudrait-il être capable de distinguer entre aphasies du langage extériorisé et aphasies du langage intérieur. Une aphasie totale du langage intérieur aboutit, a priori, à la perte de toute conscience de soi et la disparition de la temporalité et du monde tel que nous le percevons. Une aphasie du langage extériorisé sans aphasie du langage intérieur n’a pas les mêmes conséquences. De ce point de vue, l’objectif de cet ouvrage n’est pas de présenter des résultats cliniques d’une recherche en réalité à venir, mais d’explorer des hypothèses, afin de mettre en lumière la nécessité de créer des thérapies endophasiques adaptées, dans une perspective de linguistique clinique.

PDF iconles_troubles_du_langage_interieur_bon_de_souscription.pdf (182.14 Ko)